ODE TO THE WEST WIND
Percy Bysshe SHELLEY
I
O wild West Wind, thou breath of Autumn's beeing,
Thou, from whose unseen presence the leaves dead
Are driven, like ghosts from an enchanter fleeing,
Yellow, and black, and pale and hectic red,
Pestilence-stricken multitudes: O thou
Who chariotest to their dark wintry bed
The wingèd seeds, where they lie cold and low,
Each like a corpse within its grave, until
Thine azure sister of the spring shall blow
Her cla-rion o'er the dreaming eath and fill
(Driving sweet buds like flocks to feed in air)
With living hues and odours plain and hill:
Wild Spirit which art moving everywhere ;
Destroyer and preserver ; hear, oh, hear !
V
Make me thy lyre, even as the forest is:
What if my leaves are falling like its own!
The tumult of thy mighty harmonies
Will take from both a deep autumnal tone,
Sweet though in sadness. Be thou, Spirit fierce,
My spirit! Be thou me, impetuous one!
Drive my dead thoughts over the universe
Like withered leaves to quicken a new birth!
And, by the incantations of this verse,
Scatter, as from an unextinguished hearth
Ashes and sparks, my words among mankind!
Be through my lips to unawakened earth
The trumpet of a prophecy! O, Wind,
If winter comes, can Spring be far behind?
ODE AU VENT DÕOUEST
(traduction de Robert DAVREU)
I
Sauvage vent dÕOuest, souffle vital de lÕAutomne,
Toi, présence invisible chassant les feuilles mortes
Tels des fantômes fuyant un enchanteur,
Jaunes, et noires, et blêmes, et de fièvre rougies,
Multitude frappée de pestilence : O toi,
Qui charroies à leur sombre couche dÕhiver
Les semences ailées, où elles reposent froides,
Tel, chacune, un cadavre enfermé dans sa tombe,
Avant que ta sÏur dÕazur, le Printemps, souffle
Dans son clairon sur la terre qui rêve, et emplisse
(Menant comme troupeaux ses bourgeons aux
pâtures de lÕair)
Plaines et monts de couleurs et dÕodeurs de vie :
Esprit Sauvage, toi qui partout te meus ;
Toi qui ravages et sauves ; entends-moi, oh,
entends-moi !
V
Fais de moi ta lyre, comme lÕest la forêt :
QuÕimporte si mes feuilles, comme les siennes,
tombes !
Le tumulte de tes puissantes harmonies
Tirera de tous deux un riche timbre dÕautomne,
Doux malgré sa tristesse. Esprit farouche,
Sois mon esprit ! Sois moi, ô toi lÕimpétueux !
Chasse mes pensées mortes de par lÕunivers
Comme feuilles flétries dÕoù renaisse la vie !
Et, par lÕincantation de ces vers,
Disperse, comme dÕun inextinguible foyer
Cendres et étincelles, mes paroles parmi lÕhumanité!
Sois par mes lèvres, pour la terre encore assoupie,
La trompette dÕune prophétie ! O, Vent,
Si vient lÕHiver, le Printemps peut-il être loin ?